Catégorie d'espaces

par catégorie d'espaces urbains

par type de propriétaires, d'usagers et d'utilisation des espaces urbains, les capacités et les connaissances en matière de qualification écologique différent. L'énergie et les savoir-faire à mobiliser passent par des outils et des partages  de connaissances qui participent d'une culture collective en construction. 

  1. Par exemple, il s'agira d'inciter les propriétaires ou locataires privés à aménager et à entretenir des jardins naturels.

  2. Il pourra s'agir d'inciter ou d'appuyer la commune où l'on habite ou un bailleur social à  introduire la gestion différenciée des espaces verts de son patrimoine foncier.

  3. Les écoles, les centres sociaux peuvent être appuyés pour le développement de jardins pédagogiques, de jardins scolaires.

  4. Des soutiens à la création de jardins partagés sont mis en place par les associations.

  5. Il pourra également être question de faciliter par exemple la végétalisation de façades privées ou publiques, ou de toitures.

 

 

1 . Il s'agira d'inciter les propriétaires ou locataires privés d'aménager et d'entretenir des jardins naturels.

  • Pas de pesticide, ni d'insecticide. Préférer la lutte biologique à base de plantes, ou de matière organique, ou en travaillant les associations végétales ;

  • Pas ou peu de plantes et notamment d'arbustes horticoles comme le thuya, l'aucuba, le laurier horticole.

  • Une majorité d'espèces d'arbres, de plantes et d'arbustes d'essences régionales comme ceux qu'on trouve dans les espaces naturels. L'opération "Plantons le décor", appuyée par le Conseil Général du Nord, propose ces végétaux dans des conditions très intéressantes et de nombreux partenaires en Région les diffusent. Renseignez-vous pour chez vous ( Plantons le décor )

  • Une petite zone humide, même une micro, un tout petit bassin mais en permettant que s'installe la végétation donc en apportant du substrat sur la couche qui garantie l'imperméabilité (bâche, argile) ;

  • La multiplication de micro habitats naturels : tas de bois morts, tas de cailloux, ourlet herbeux, plantes grimpantes, haie bocagère, plantes mellifères, arbustes, arbres fruitiers, compost, bassin ou petite mare, plantes hautes, moyennes, basses, plantes d'ombre et de lumière, légumes montés en graines...

  • Un système de récupération d'eau pluviale : un tonneau couvert (pour éviter les moustiques) relié à une gouttière.

  • Le respect des cycles de reproduction des plantes et des animaux qui y trouvent refuge pour la taille et la tonte.

 

2 . Il pourra s'agir d'inciter ou d'appuyer la commune où l'on habite ou un bailleur social à introduire la gestion différenciée des espaces verts de son patrimoine foncier.

La gestion différenciée des espaces verts consiste en un entretien professionnel écologique des espaces verts publics ou privés. On n'est plus sur des petits jardins de particuliers mais sur des surfaces importantes, parfois disséminées sur une ville et qui se calculent en hectares. Alors on parle de gestion car cela concerne des équipes, des protocoles d'intervention, des machines et outils chers et complexes, la conception de plans d'aménagement et de gestion, des plannings d'intervention...

Il s'agit par exemple, tout en maintenant sur des espaces très fréquentés un entretien important (multiples tontes) ou un fleurissement très classique (mosaïculture), d'introduire sur d'autres espaces, un entretien moins intensif (fauches tardives et tailles douces) et des plantes qui exigent moins d'attention et dont les associations sont bénéfiques. Et ce sont les plantes régionales qui pourront le mieux répondre à ces attentes. Par ailleurs, les pesticides et insecticides sont évités.

Ce mode de gestion permet de réintroduire en ville des paysages urbains qu'on avait oublié. On voit notamment réapparaître des prairies de fauche ou quelques fois des prairies fleuries, des haies bocagères, des ourlets herbeux entre des arbres isolés par exemple, des plantes couvre-sol ou du mulch pour éviter le désherbant chimique. Par ailleurs, les espèces régionales sont privilégiées ainsi que la réintroduction de différents biotopes : zones humides, fourrés, haies bocagères, saules têtards...

Cette spontanéité végétale retrouvée déplait parfois aux habitants qui peuvent avoir l'impression que leur commune s'occupe moins des espaces verts, qu'elle les délaisse, alors qu'elle s'en occupe différemment. Il faut donc expliquer en quoi ces nouveaux espaces de prairies hautes sont ressources pour les insectes, ou zones refuges pour les oiseaux par exemple, comment ces fauches espacées laissent le loisir à des espèces végétales qui avaient fui la ville, d'y reprendre pied : orchidées, coquelicots, chicorées, achillée millefeuilles...

Pour en savoir plus : www.gestiondifferenciee.org

 

3 . Les écoles, les centres sociaux peuvent être appuyés pour le développement de jardins pédagogiques, de jardins scolaires.

  • Le jardin est un véritable support d'éducation à l'environnement et aux sciences naturelles : les cycles des plantes, la photosynthèse, les cycles de l'eau, l'entomofaune (insectes), l'avifaune (oiseaux), les saisons, ... Dès la maternelle, ces domaines peuvent être abordés concrètement, par de l'initiation au jardinage, par l'expérience même, par le vécu.

  • Toucher la terre, désherber manuellement, semer, planter, arroser... sont des activités extrêmement calmantes, structurantes, apaisantes. Elles développent également l'éveil des sens, de l'attention et de l'observation. Enfin, le jardin permet aussi un enseignement collectif, la prise en compte du travail de l'autre, des repas et des découvertes partagées...

 

4. Des soutiens à la création de jardins partagés sont mis en place par les associations et parfois des collectivités.

En milieu urbain sont nés des espaces verts nouveaux gérés par des personnes réunies autour d'un projet de jardin collectif : pour partager les décisions et les travaux, s'apprendre mutuellement, récolter ensemble, renaturer la ville, retrouver des gestes simples d'entretien paysager...

Les modalités d'organisation diffèrent d'un jardin à l'autre. Ici, chacun aura sa petite (voire minuscule) parcelle ailleurs tout est strictement fait ensemble. Ces choses là, justement se décident collectivement et caractériseront le projet.

Souvent initié sous forme associative, dans un partenariat avec les collectivités, avec de la mise à disposition de friches par exemple ou d'espaces délaissés, ces nouveaux espaces verts urbains recréent non seulement des espaces de biodiversité mais également de convivialité et de liens sociaux.

Quelques exemples : www.ajonc.org - www.chenelet.org

 

5. Il pourra également être question de faciliter par exemple la végétalisation de façades privées ou publiques ou de toitures de bâtiments,  ou encore de favoriser la nidification de certaines espèces cavernicoles dans le bâti.

 

Améliorer la biodiversité en ville, concerne également l'amélioration des capacités d'accueil faune-flore des bâtiments qui peuvent être considérés comme des milieux de rocaille de substitution.

Capacités de végétalisation verticale (verdissement de façades), de végétalisation horizontale (toitures végétalisées) ou capacités cavernicoles, ces trois axes envisagent l'ensemble de ces capacités d'accueil.

En matière de maintien ou de développement de capacités cavernicoles, bien sûr, il ne s'agit pas de favoriser des animaux nuisibles, ni de supporter des nuisances mais de bien considérer comment une coexistence pacifique est possible d'autant que, pour certaines espèces, elle est absolument indispensable (hirondelles de fenêtres, moineaux domestiques, choucas des tours, effraie des clochers, martinets noir, de nombreuses chauve-souris et également quelques faucons). Ces espèces n'ont plus trouvé au cours des siècles, en milieux naturels, de capacités d'accueil suffisantes, elles se sont adaptées à la ville. Si les capacités d'accueil urbaines régressent également, alors ces espèces disparaîtront.

La végétalisation des façades a de multiples avantages pour le bâti (isolation thermique et phonique notamment). Par ailleurs, elle participe aux communications entre parcelles (voir les nécessaires liaisons écologiques). Les  ressources que cette strate végétale grimpante offre à la faune sont véritablement très nombreuses.  De nombreux passereaux urbains nidifient dans ces entrelacs. Le lierre par exemple, avec sa pollinisation et sa fructification tardives, offre  nourriture tant aux abeilles qu'aux oiseaux en durant l'Automne et l'Hiver.  Enfin, n'ayez pas peur des araignées et autres insectes qui trouveraient refuge dans ces manteaux végétaux. Ces espèces sont faites pour l'extérieur des maisons, et non pour leur intérieur.

Quelques recommandations :

Attention, en matière de végétalisation de façades, a obtenir les autorisations nécessaires de mise en place de fosses de plantation sur le trottoir, auprès de votre commune et également à bien utiliser des plantes locales.

 

Les toitures végétalisées ont aujourd'hui le vent en poupe.

Elles permettent sur des surfaces souvent inutiles que sont les toitures terrasses (qui peuvent representées entre 10 et 20% des territoires urbains) de réintroduire de la végétation.

Attention pour autant. Toiture végétalisée ne veut pas forcément dire nouvel espace de nature. En effet, les professionnels de l'étanchéité qui posent ces toitures mettent le plus souvent en place des végétaux horticoles, développés spécialement et qui procurent très peu de ressources à la faune locale (peu de pollen, peu de graines, peu de matière organique). Alors que toutes les régions développent leur cortège propre de plantes de milieux secs, qui pourraient servir à ces végétalisations et qui sont préférable à ces plantes horticoles, les filières de multiplication de ces végétaux sont à construire pour leur diffusion en toitures végétalisées.