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Dans
le Nord-Pas-de-Calais, seulement 12,5% du territoire sont
classés comme naturels, (avec 72,5% agricoles, 15%
urbains). Face à ce manque structurel de territoires
naturels, il n'est pas possible d'envisager le redéploiement
de la biodiversité sans sa prise en compte pleine et
entière au sein des territoires agricoles et urbains qui
sont nos territoires de vie, ceux que nous occupons. En ville ou dans
les villages, à proximité de chez nous,
à proximité des lieux que nous
fréquentons, il nous faut apprendre à
connaître et à reconnaître une
biodiversité ordinaire, banale. La biodiversité
de proximité est donc celle avec laquelle il nous faut
apprendre à co-exister.
L'enjeu est donc de taille.
Il s'agit, à l'échelle de ces territoires urbains
de permettre le maintien ou le remplacement, et même le
développement des capacités d'accueil faune-flore
en place, dans un contexte global de disparition de foncier
vacant. C'est un travail de dentelle qui concerne chacune de
nos parcelles.
Des espaces pour le
logement, les équipements, le transport, les
activités, les loisirs… oui, mais
également pour l’accueil de la faune et de la
flore, dans un principe de co-existence, de bonne intelligence et de
respect mutuel !
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2 . La
biodiversité de proximité est celle que nous
devrions intégrer à notre vie, à notre
jardin, à nos projets de quartier ou de villages,
à nos exigences locales. Et, la proximité reste
l'échelle d'observation, d'implication, de
déplacement, de lien social ou d'existence qui permet
à chacun d'entre nous d'observer, d'intervenir, de
comprendre, de peser et de faire. En ville, il s'agit souvent du
quartier.
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En ville, il
nous faut donc renouveler très profondément les
modes d'aménagement et de gestion des espaces. En effet, si
de nombreuses espèces animales et
végétales s'étaient
adaptées au milieu urbain au cours des siècles,
aujourd'hui, leurs conditions de vie sont détruites petit
à petit.
Minéralisation
excessive, hyper fragmentation ou morcellement de l'espace, pollutions
diverses dont la pollution lumineuse intense, espaces verts
dénaturés, manque de
végétation... voilà ce qui
caractérise la ville d'aujourd'hui. Ces conditions
extrêmes ne sont pas favorables à
la
préservation d'oiseaux, de mammifères, de
batraciens ou de nombreux insectes inoffensifs qui au fil des
siècles s'étaient adaptés à
la proximité de l'homme. Moineaux domestiques, Verdiers
d'Europe, Crapauds communs, Hirondelles de fenêtre, Ecureuils
roux, abeilles, etc... sont mis ainsi en
grandes difficultés. Alors qu'elle
présente pourtant une diversité de milieux
intéressantes par rapport aux espaces agricoles intensifs
qui l'entourent, la ville est insuffisamment reconnue comme un lieu
d'accueil de la biodiversité, ce qui permet de
continuer de faire disparaître ses espaces d'accueil, avec
une certaine facilité. De plus, dans une recherche
louable d'économie de foncier, la ville durable cherche
aujourd'hui à se renouveler sur elle-même. Ce qui
l'amènera à occuper demain l'ensemble de ses
espaces vacants, friches et délaissés,
aujourd'hui refuges importants pour toute une vie naturelle urbaine.
Ce
sont donc les conditions de reconnaissance de cette
biodiversité ordinaire d'une part et de co-existence avec
les activités humaines d'autre part qu'il faut
désormais inventer.
Face à ces
problématiques, des programmations publiques prennent en
charge des projets de restauration de trames vertes et bleues,
à l'échelle de région,
d'intercommunales ou de communes (cf,
trame verte et bleue Nord-Pas-de-Calais).L'échelle
de proximité, que notre association privilégie,
est quant à elle, celle de l'habitant, de l'acteur de
quartier mais également celle des déplacements
d'une grande partie de la faune.
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Par ailleurs en
terres agricoles, les
raisons de la perte de biodiversité sont connues. Hors sans un
véritable renouvellement des modes de production agricole,
nos actions resteront cantonnées. Elles n'en sont pas moins
indispensables.
Insecticides, pesticides,
arrachage d'arbres et de haies, culture monospécifique...
détruisent les capacités d'accueil de la vie
animale des terres de cultures et également de la vie
végétale spontanée (fleurs sauvages,
arbustes et arbres régionaux...). Le problème est
complexe et lié à une nécessaire
mutation de nos pratiques agricoles, à une
véritable volonté politique, aux subventions
européennes, à l'industrie agro-alimentaire...
Nous pouvons peser par nos achats, dans l'élaboration d'un
PLU ou dans la mise en place de mesures agro-environnementales
incitatives : replantation de haies, soutien à l'agriculture
biologique,
aux AMAP, aux jardins de cocagne,
création de
chemins, ou encore par des boycotts de produits dont les modes de
production sont non respectueux et enfin par notre bulletin de vote...
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