Les milieux

         urbains

                    de substitution

           sont les milieux de nature accueillis par la ville.

Ils sont une déclinaison des catégories de milieux naturels, vers lesquels ils peuvent tendre mais jamais tout à fait correspondre, au regard de l'environnement dans lequel ils sont implantés.

 

Mais à défaut de leur ressembler parfaitement, les milieux urbains de substitution pourraient aujourd'hui essayer de mieux se rapprocher des milieux naturels auxquels ils correspondent, ce que souvent, malheureusement, ils ne font pas.

Alors méfiez-vous des imitations !

  Typologies des 5 milieux de substitution urbains 

Des milieux boisés avec une dominance de grands arbres : bois urbains, parcs, grands jardins boisés, talus sncf, bords d’autoroutes…

Dans ces milieux boisés urbains quand ils ont encore certaines qualités écologiques, on devrait trouver : des pics épeiche, grimpereaux, sitelles torchepot, mésanges (bleue, charbonnière, à longue queue...), hiboux moyen-duc, chouettes hulotte, geais des chênes mais également écureuils roux, crapauds communs...

Les qualités écologiques nécessaires : coexistences des différentes strates végétales : strates arborescentes (arbres de hautes tiges) et arbustives (arbustes) d'âges et d'essences variés, issus de variétés locales, et strates herbacées (plantes des sous-bois), et strates muscinales (mousses, lichens), et strates grimpantes (lierre, etc...) . Présence d'arbres sénescents (morts sur pied), bois et feuilles mortes, reliefs, zones humides, quelques arbres à feuillage persistant (houx) ... et bien sûr pas de produits chimiques ni de tailles intempestives.

 

 

Exemples d'arbres de hautes tiges issus de variétés locales : charmes, aulnes glutineux, chênes, tilleul, frênes, hêtres, érables...
Exemples de plantes de sous-bois locales : jacinthe des bois, sceau de salomon, ail des ours, narcisse, fougères, ancolie, pervenche, muscari...

 

       

Des milieux intermédiaires présentant surtout des arbustes : friches, fourrés, haies mais aussi entrelacs de jardins proches d'un bocage avec des caractéristiques écologiques malheureusement encore très éloignées

Lorsque la ville admet de vrais espaces intermédiaires, on peut y trouver notamment : fauvettes, pics verts, chardonnerets élégants, mésanges, merles, rouge gorges, troglodytes mignons, rossignols ainsi que hérissons, fouines, musaraignes, campagnols...

Les qualités écologiques nécessaires : arbustes d'âges et d'essences variées et de variétés locales, quelques arbres de haute-tige, ourlet herbeux, strates grimpantes, bois mort et feuilles mortes, reliefs, zones humides (fossés, mares), des connexions et passages entre les espaces... et là encore, pas de produits chimiques ni de tailles intempestives.

 

 

Des variétés arbustives bocagères : saules et charmes taillés en têtards, fusains, sorbiers des oiseaux, sureaux, noisetiers, ronces, aubépines, prunelliers, églantiers... Des vergers de variétés locales : pommiers, poiriers mais également framboisiers, groseilliers... Des plantes qui aiment la mi ombre des haies : orties, géraniums des prés, campanules, benoîtes... Ou des grimpantes : clématites des haies, vesces, liserons, ronces...

 

 

       
Des milieux ouverts dominés par la prairie : talus, friches, bords de route, espaces verts…
Peu d'oiseaux typiques de prairies rurales se retrouvent en ville. D'autres espèces qui cherchent également leur nourriture au sol peuvent trouver des ressources sur les modestes prairies de la ville (qui oscillent entre les friches et les gazons), que parfois les espaces agricoles ne leur offrent plus : merles, pies, étourneaux sansonnets. Pour s'aventurer ainsi à découvert, les moineaux auront besoin d'un bosquet à proximité qui face office de zone de refuge. Lapins, musaraignes résident généralement dans ces espaces ainsi que des insectes (souvent trop peu nombreux) : papillons (paon du jour, piérides, carte géographique, vulcain), coléoptères...

Les qualités écologiques nécessaires sont liées à l'entretien par l'homme : pas de pesticides ni d'insecticides, pas de tontes drastiques mais des fauches (une ou deux fois l'an) en dehors des périodes de reproduction des insectes, avec exportation du produit de la fauche.

 

 

 

C'est le milieu le plus propice à la strate herbacée par son grand ensoleillement, celle-ci s'y trouve donc plus riche. Elle dépendra des qualité de sols, de reliefs, d'humidité... Parmi les plantes présentes : vesces, plantains, renoncules, véroniques petit chêne, armoises, chardons dont le cabaret des oiseaux, bleuets et coquelicots (plantes messicoles), silènes, achillées millefeuille, carottes sauvages, camomilles, scabieuses, fenouils, géraniums sauvages, trèfles, pissenlits, pâquerettes, bardanes, grandes berces, lotiers corniculé, tanaisies, mauves..., sans compter toutes les graminées...

       

 

   Des zones humides : mares, canaux, lagunages, fossés, rivières, DIGUES, JETEES, PORTS, POLDERS…

En premier lieu, la vie animale et végétale n'est pas la même selon qu'on se trouve en eau douce ou eau salée (milieu littoral). A l'intérieur des terres, les poissons qui devraient traverser nos villes devraient être les mêmes que ceux des cours d'eau sauvages (s'il en restait) mais tant les obstacles que la pollution qui s'y trouvent nuisent aux truites, barbeaux, goujons, anguilles, qui y sont plus sensibles que les gardons, carpes, brèmes ... Hérons, cygnes, foulques macroules, bergeronnettes, colverts, bernaches du canada, cormorans, mouettes, poules d'eau... sont parmi les oiseaux les plus communs des milieux humides urbains. Plus rare, le martin pêcheur, par exemple, est très sensible à la pollution. Roseaux, massettes, joncs, saules, font partie des plantes aquatiques qui peuvent petit à petit conquérir un milieu humide. Sur les berges, on trouvera la reine des prés, les menthes, l'épiaire des marais, la salicaire, l'épilobe hirsute, l'eupatoire chanvrine...

La jussie est une petite plante invasive qui envahit canaux et mares.

Le milieu littoral urbain en Nord-Pas-de-Calais quant à lui, peut accueillir des mammifères marins comme des phoques ou veaux de mer que l'on a pu observer à proximité de la digue du Clippon (Dunkerque) ou jusque dans les ports.

L'artificialisation de la côte du département du Nord a nuit profondément à sa capacité d'accueil faune-flore et les villes en présence n'intègrent que rarement ces contraintes. Les efforts sont plutôt portés sur les milieux naturels proches (dunes, estuaires, marais, falaises, caps...).

Les qualités écologiques nécessaires sont multiples car différentes selon que l'on considère une mare, une rivière, un estuaire, un delta, un marais, un pré humide... Cependant, il faut savoir qu'un milieu humide vivant est un milieu végétalisé (plantes aquatiques et plantes de bords d'eau) et ensoleillé. On peut également retenir en premier lieu la nécessité de la qualité de l'eau, puis celle de berges naturelles et douces, végétalisées, de profondeurs différentes, de zones ensoleillées et ombragées, de lits non canalisés, de zones d'extension de crue l'hiver pour les rivières...

 

Pour les milieux littoraux urbains, il est courant de constater l'absence de végétalisation des berges minéralisées artificielles (canaux, digues, jetées)... en raison des matériaux lisses utilisés, d'un excès d'entretien ou de la pollution.

Or, promenez-vous au bord des falaises ou de rochers naturels, vous observerez que la végétation s'accroche jusqu'à toute proximité de l'océan ou de la mer.

Toutes les espèces animales ont besoin d'eau et y trouvent soit un espace de reproduction, de chasse, de baignade, où tout simplement s'y désaltèrent... De la rosée à la flaque en passant par l'étang ou le canal, chaque espèce animale doit pouvoir accéder à cette ressource, selon ses besoins. C'est le lieu de rencontres par excellence.

 

 

Il faut voir l'été la bataille que représente l'accès de l'eau en ville. Un simple courant de caniveau ouvert en journée de chaleur et c'est la ruée des passereaux qui défilent les uns après les autres, prenant des risques insensés.

 

Grenouilles, crapauds peuvent parfois être présents dans des mares urbaines pour se reproduire, même s'ils n'y vivent pas le reste de l'année (photo ci contre).

De nombreux invertébrés sont inféodés à ce milieu : libellules, cousins, moustiques, mollusques...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

Des zones de rocaille : ballasts sncf abandonnés, vieux murs, éboulis, mais également bâtiments dont l'architecture peut se rapprocher d’une falaise, sans que la plus part du temps les qualités écologiques des milieux naturels soient mises en place.

Les zones de rocaille au sol accueilleront notamment le lézard des murailles, des araignées, des mollusques... cherchant soit la chaleur de la pierre, soit l'humidité et la fraîcheur des cavités.

En hauteur, un certain nombre d'oiseaux y trouveront leur espace de nidification ou de repos : Faucons, Choucas des tours, Moineaux, Hirondelles, Pigeons, mais également Effraie des clochers, chauve-souris (soupentes, toitures)... 
En sous-sol, les caves viendront remplacer les grottes notamment, pour les chauve-souris pendant leur période d'hibernation.

Végétalisation et cavité naturelle sur un rocher. A comparer avec les capacités de végétalisation et de cavités que proposent nos bâtis, principaux milieux de substitution.

Au sol : séneçons jacobée, bouillons blancs, vipérines, arbres à papillons, géraniums herbe à robert, chélidoines, mille-pertuis, tanaisies, bardanes, sedum...

Parmi les plantes grimpantes : lierre, clématite, houblon, vigne vierge, glycines.

Parmi les plantes de murailles : chélidoine, ruines de Rome, centrante, cardamine...

Sur les terrils, considérés comme des zones de rocaille, ont trouvera des plantes spécifiques comme la vipérine, ou le bouleau, premier arbre à coloniser ce milieu.